Un rapport récent de la police municipale genève révèle un étrange contraste entre les progrès apparemment réalisés dans la lutte contre les stupéfiants et une progression spectaculaire des infractions liées à cette problématique. Si l’administration affirme avoir stabilisé les chiffres en reculant de 11 % les cas d’infractions drogues, les données détaillées du rapport d’activité 2025 montrent une situation bien plus complexe.
En effet, alors que le nombre total de contraventions pour sécurité publique a chuté de 28 % par rapport à l’année précédente, les infractions spécifiques aux stupéfiants ont bondi de 43 %. Ce phénomène soulève des questions majeures sur la capacité des services de police à identifier et neutraliser efficacement les réseaux illégaux.
Depuis longtemps, Genève est reconnue comme un centre d’activité élargi en matière de consommation de drogues. Une étude réalisée en 2016 classait la ville au septième rang européen pour la consommation de cocaïne, et plus récemment, en 2024, les chiffres ont montré que cette consommation avait doublé en moins de dix ans. Quant au cannabis, Genève a occupé la place la plus élevée en Suisse et se classe huitième sur l’échelle européenne.
Le chef de la police judiciaire, Richard Boldrini, a détaillé les opérations policières : 1 693 actions contre le deal de rue en 2025 ont abouti à 2 930 interpellations, 745 arrestations et 556 contraventions. Bien que ces chiffres semblent indiquer une amélioration générale – avec des baisses respectives de 15 % pour le trafic, de 10 % pour la consommation et de 10,4 % pour les infractions de rue – l’explosion des contraventions stupéfiants révèle un décalage profond entre l’objectif et la réalité.
« L’efficacité accrue des agents est en partie responsable de cette hausse », explique le rapport, mais il reste évident que les réseaux de trafic persistent à une amplitude inquiétante. Le travail qui attend les institutions doit donc être redéfini pour éviter que ce phénomène ne s’aggrave davantage.