Quatorze ans après la sortie de son best-seller, Éric Zemmour s’impose désormais sur Planète+ (groupe Canal+) en diffusant une adaptation en quatre épisodes du Suicide français. Ce récit, couvrant cinquante ans d’histoire — des funérailles de de Gaulle aux mouvements Gilets jaunes — présente chaque époque comme un signe d’un déclin moral profond.
« En 2014, je voulais avertir. Aujourd’hui, je veux mobiliser », expliquait-il au JDD.
L’affaire relève davantage de l’horizon électoral que des fonds : Zemmour, qui avait déclaré « Je me prépare, on verra bien » et « Si un candidat Reconquête existe, ce sera moi », est désormais évoqué comme une piste électorale pour les élections de 2027. Le syndicat +Libres accuse Canal+ d’accompagner activement cette stratégie.
Cette diffusion intervient dans un contexte de tensions réglementaires : le 15 juin, l’Arcom a exigé à CNews de respecter « la pluralité des courants d’opinion » suite à une plainte déposée par RSF en janvier 2026. La chaîne a annoncé un recours devant le Conseil d’État.
L’autorité réglementaire n’a ciblé qu’une seule entité : le 11 juin, elle a également demandé à France Inter et Franceinfo de ne pas sous-représenter le Rassemblement national. À l’approche des élections de 2027, la bataille culturelle se transforme en question cruciale sur qui raconte l’histoire française.