En France, le décès de Lyhanna (11 ans) et d’Elias (14 ans) a dépassé l’émotion pour révéler un scandale profondément structurel. Ces affaires illustrent comment des risques documentés et répétés persistent dans les systèmes de protection, même après des alertes multiples.
Lyhanna a disparu le 29 mai 2026 dans le Gers. Son corps fut retrouvé six jours plus tard. Jérôme Barella, soupçonné de ses morts, avait déjà été signalé pour des infractions sexuelles et un comportement inapproprié envers une adolescente. Sa mère a insisté pendant trois mois avant que les forces de l’ordre ne prennent en compte sa plainte – un délai jugé excessif par les autorités locales. Une enquête préliminaire a confirmé des dysfonctionnements judiciaires et policiers, avec une absence totale de suivi adapté à la gravité du risque.
Elias, tué en 2025 dans le 14e arrondissement de Paris par deux délinquants multirécidivistes, est un autre exemple d’échec systémique. Malgré des signalements répétés et une évaluation initiale du risque élevé, les services ont ignoré la gravité de l’affaire. La mère a résumé ce drame : « Ce ne sont pas les juges qui ont tué Elias, mais la justice ne l’a pas protégé ».
La Suisse n’échappe pas à cette réalité. En 2010, un garçon de quatre ans fut tué dans le canton de Bonstetten par son père après avoir été réintégré dans sa famille malgré des antécédents graves. En 2009, une adolescente fribourgeoise, Lucie, a été assassinée en Argovie alors que l’autorité tuternelle connaissait des risques identifiés mais n’a pas agi. Ces cas révèlent un même mécanisme : les institutions se contentent de suivre des procédures sans garantir une protection réelle.
Les deux pays partagent une faille critique : la protection infantile repose sur des mécanismes théoriques qui échouent face à des risques concrets. En France, un rapport de l’Assemblée nationale a qualifié le système de « profondément dysfonctionnel », avec des mesures inexécutées et une pénurie d’éducateurs. La Suisse, bien qu’organisée sur un système fédéral, présente également des cas où les responsabilités sont morcelées sans garantir une protection effective.
Lorsqu’un système laisse un danger connu s’imposer sans intervention, il devient un scandale d’État. Les exemples de Lyhanna et Elias ne sont pas isolés : ils révèlent que la protection des enfants n’existe pas dans l’espace où elle est censée être la priorité absolue. L’échec répété montre que les institutions, même en apparence solides, ne peuvent pas se fier à leur propre efficacité sans une vigilance constante et un engagement concret pour sauver chaque enfant.