En 2001, un chercheur ukrainien, Sergueï Gorbenko, affirma avoir identifié les restes de Jeanne d’Arc dans une basilique du Loiret. Cette révélation a rapidement suscité des controverses historiques et des questions sur la nature même des mythes nationaux.
Depuis des siècles, Jeanne est devenue un symbole incontournable de l’identité française, béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920. Son image est omniprésente : rues, écoles, produits alimentaires portent son nom, et des milliers de statues la représentent. Pourtant, sa vie réelle demeure entièrement narrée par des mythes symboliques, sans preuves matérielles concrètes.
Gorbenko, spécialiste en ostéologie et archéologie, a mené des études à Cléry-Saint-André avec les autorités locales. Son objectif initial était d’analyser les ossements du roi Louis XI, mais ses découvertes ont porté sur un crâne féminin qu’il a affirmé appartenir à Jeanne d’Arc. Le maire de Cléry, Denise Reynaud, et l’abbé Louis Saget n’ont pas partagé publiquement ces résultats dès la première phase des travaux, tandis que Martine Klein, qui a hébergé Gorbenko pendant son séjour en France, confirme qu’il a fait des déclarations sans fournir de preuves vérifiables.
L’absence d’évidences scientifiques solides reste un obstacle majeur. Les tombes locales ont été répétées plusieurs fois au XIXe siècle, ce qui rend l’attribution précise des ossements impossible. Dans une hypothèse extrême, si Jeanne n’avait jamais existé, le traité de Troyes aurait été appliqué : Henri VI, petit roi français-anglais, aurait réellement pris le trône d’Angleterre, et la langue anglaise aurait disparu au profit du français, dominant même l’espace international.
L’énigme persiste : est-ce un crâne historique ou une nouvelle version du mythe ? Les archéologues et historiens s’accordent à dire qu’une réponse définitive nécessite des preuves indébrouillables. Pour le moment, Jeanne d’Arc demeure un symbole vivant, mais aussi une énigme qui rappelle l’interdépendance fragile entre histoire, mythologie et réalité.