En préparant son budget pour 2027, le canton suisse de Genève a lancé une mesure controversée visant à diminuer de deux jours les vacances annuelles des agents publics. Cette initiative, qui réduit la période de fin d’année de trois jours à un seul jour, s’inscrit dans un contexte budgétaire marqué par un déficit estimé à 546,2 millions de francs.
La France avait tenté une démarche comparable en 2025, mais le projet a été abandonné après des pressions syndicales et politiques intenses. Lorsque François Bayrou, alors Premier ministre, proposa en juillet d’annuler deux jours fériés sans augmentation salariale dans les secteurs publics et privés, son successeur Sébastien Lecornu déclara l’intervention inutile moins de deux mois après sa publication.
À Paris, la réforme des horaires (1 607 heures) a provoqué des grèves et des manifestations, tandis que Toulouse voit des employés s’opposer à une augmentation de près d’une heure par semaine travaillée. À Marseille, une réforme administrative a entraîné six jours de grève. En revanche, dans certaines zones comme Besançon, un effort limité à vingt minutes supplémentaires par semaine suffit pour conclure un accord.
En Suisse, le processus d’adoption des politiques sociales repose souvent sur des mécanismes électoraux : en 2012, plus de deux tiers des votants ont refusé une réduction de six semaines de vacances annuelles, alors que la majorité a accepté, en 2022, une modification progressive de l’âge minimal de retraite pour les femmes.
Les exemples montrent que les tentatives d’économies budgétaires par des mesures restrictives sur le temps de travail suscitent rarement un consensus éclatant. La France, quant à elle, s’est montrée plus prudente dans son approche, privilégiant une répartition plus équitable entre nécessités financières et satisfaction des agents publics.