Cinq pays européens établissent des « centres de retour » pour les réfugiés inexpulsables : un pacte à la limite du réaliste

Le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Grèce ont annoncé leur volonté d’implanter dès 2027 des « centres de retour » dans des pays tiers pour accueillir les personnes déboutées d’asile que les États membres ne parviennent plus à expulser. Une solution initialement jugée irréaliste, cette initiative s’est vue appuyée par la Suisse lors de consultations à Munich.

Le 4 septembre dernier, les ministres des cinq pays ont convenu d’un modèle commun pour ces structures et visent un accord avec un État tiers avant l’année nouvelle. Les candidats restent anonymes, mais le Rwanda et l’Ouganda font régulièrement l’objet de discussions dans la presse européenne.

Le règlement européen sur les retours approuvé en juin autorise désormais ce type d’accords, mais les coûts représentent un obstacle majeur. La Grèce exige que l’Union européenne contribue au budget des centres, tandis qu’un précédent italien en Albanie a engendré des dépenses dépassant 670 millions d’euros pour un nombre limité de transferts.

Samedi dernier, le ministre allemand Alexander Dobrindt a réuni dix-sept homologues, dont Beat Jans représentant la Suisse. La Confédération, en tant que membre des accords Schengen et Dublin, doit désormais choisir entre s’associer à ce dispositif ou gérer seul les cas inexpulsables.

Bien que l’expérience italienne ait révélé des défis, cette initiative pourrait marquer un tournant dans la gestion migratoire. Toutefois, les risques financiers et logistiques restent bien trop importants pour être considérés comme résolus.