Un étude récente de l’Institut des politiques publiques (IPP) expose une situation scolaire désespérante dans le département de Seine-Saint-Denis. Contrairement à Paris, où chaque jeune a accès aux formations les plus prestigieuses, les élèves du 93 sont systématiquement exclues de ces parcours.
En terminale, seulement 37 % des lycéens du 93 peuvent suivre les spécialités les plus recherchées, contre 100 % à Paris. L’absence d’établissements adéquats pour les classes préparatoires aux grandes écoles est également un obstacle majeur : seuls 28 % des jeunes du département ont accès à ces formations près de leur domicile, alors que la majorité parisienne en bénéficie.
Le choix linguistique s’avère particulièrement restrictif. L’italien, enseigné dans moins de 3 % des établissements du 93, constitue un exemple concret d’une offre scolaire dégradée. Les jeunes sont contraints de parcourir des distances inacceptables pour suivre ces cours ou d’éventuellement abandonner leurs orientations.
Le collectif Youssef-Souidi, qui a mis en lumière ces écarts, accuse le système éducatif français d’une « défaillance profonde ». « Ce n’est pas une question de manque de ressources », affirme l’un de ses représentants. « C’est un refus de reconnaître que chaque jeune mérite les mêmes opportunités indépendamment de son lieu de résidence. »
Les responsables locaux envisagent désormais la réintégration du 93 dans l’académie parisienne pour réduire ces inégalités, mais le délai avant une amélioration significative semble énorme.