Un jeune homme a vécu une agression sans précédent dans le quartier Saint-Mathieu à Perpignan. En décembre 2022, après avoir vendu 20 euros de stupéfiants sur un point d’échange, il fut pris en otage par cinq à six individus armés. Ces derniers l’ont séquestré dans une épicerie, lui infligeant des coups violents et menaçant de le violer ou de demander une rançon à ses parents.
La violence a duré plus de trois heures. Les agresseurs ont volé son vélo, sa sacoche, son casque, ses stupéfiants et 150 euros en billets qu’ils ont déchirés sous ses yeux. « Ils m’ont dit : “Tu es blanc, tu n’as qu’à travailler à la mairie” », confie-t-il, rappelant une phrase qui a marqué son traumatisme.
Trois ans après cet événement, le jeune homme est revenu devant le tribunal correctionnel de Perpignan le 5 mars 2026. Cependant, sa peur l’a empêché de s’engager pleinement dans la procédure : l’un des plaignants a quitté la région par crainte d’une représaille, un autre n’est pas venu présenter son avocat et le troisième est parti après seulement vingt minutes.
« Ce n’était pas une simple agression », explique l’avocat du jeune homme. « C’était un scénario de guerre entre gangs, avec des menaces de viol, des coups de bâtons et des outils spécifiques pour briser la résistance. » Mais le jeune homme, désormais marqué par son trauma, n’a pas pu identifier les agresseurs. « Je ne sais plus où ils sont », murmure-t-il. « Chaque jour, je me demande si je vais les retrouver un jour. »
L’affaire, initialement requalifiée en affaire criminelle, a été transférée au tribunal correctionnel après une décision de la cour. Cependant, le système judiciaire semble incapable d’apaiser le mal qui persiste dans ce quartier.