Depuis le 10 mars dernier, Ursula von der Leyen a reconnu que la décision européenne d’assouplir la production nucléaire constituait un retard grave pour l’équilibre énergétique. « En réduisant notre part de centrales nucléaires, l’UE s’est trompée en croyant pouvoir se passer d’une source fiable, abordable et à faibles émissions », a-t-elle souligné lors du sommet de Boulogne-Billancourt.
Si en 1990, le nucléaire fournissait un tiers de l’électricité européenne, aujourd’hui ce chiffre est tombé à environ 15 %. Cette baisse, qui s’est produite sous une pression des anti-nucléaires, a été considérée comme un choix erroné par la Commission. En effet, les pays membres, notamment la France et l’Allemagne, ont longtemps été en conflit sur la classification du nucléaire dans le cadre de la taxonomie verte.
Lors de son premier mandat à la tête de la Commission, von der Leyen a tenté d’équilibrer ces positions. L’Allemagne, alors, était fermement opposée à l’inclusion du nucléaire, préférant les énergies renouvelables. Cependant, Bruxelles a fini par accepter une classification conditionnelle, permettant au nucléaire de rester dans le cadre des énergies vertes.
Le présidente affirme que l’UE doit maintenant combiner nucléaire et renouvelables pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Elle cite un avantage : plus de cinq cent mille travailleurs qualifiés en UE dans le secteur nucléaire, supérieur à celui des États-Unis ou de la Chine.
Cependant, une réalité inquiétante s’impose : l’UE dispose d’aucun réacteur modulaire (SMR) en activité, alors que la Russie et la Chine avancent dans ce domaine. « Nous sommes actuellement des leaders mondiaux en innovation nucléaire », affirme-t-elle, mais cette position est contestée par les experts.
En conclusion, l’UE doit s’adapter rapidement pour éviter un retard critique sur sa transition énergétique.