L’islamologue Tariq Ramadan (63 ans) est actuellement en soins psychiatriques à Genève (Suisse), a annoncé ce mardi ses nouveaux avocats devant la cour criminelle de Paris. Le procès, portant sur des accusations de viol et de viol aggravé, doit connaître un verdict dans les prochaines 48 heures, alors que l’accusé n’a jamais participé aux trois semaines d’audience prévues.
Selon la défense, la santé mentale de Ramadan a connu une dégradation accélérée depuis vingt ans, liée à une sclérose en plaques. L’islamologue avait déjà été absent lors de l’ouverture du procès le 2 mars, invoquant un épisode de maladie après une visite à Genève chez sa mère. Malgré des rapports d’experts français estimant qu’il pourrait être présent « sous réserve de pauses régulières », la justice a rejeté ces arguments, délivrant un mandat d’arrêt international et prévoyant une évaluation en son absence.
Les documents médicaux révèlent un état neurologique critique : troubles visuels, linguistiques et cognitifs, accompagnés d’un déficit de flexibilité mentale et d’une symptomatologie anxieuse et dépressive invalidante. Un psychiatre souligne également la nécessité d’un suivi hospitalier strict. La défense conteste l’exactitude des rapports d’hospitalisation, évoquant une « version édulcorée » et préparant un recours en Suisse.
Les parties civiles rappellent que Ramadan a continué à publier quotidiennement sur les réseaux sociaux pendant le mois de Ramadan, ce qui est expliqué par des contenus préenregistrés. Accusé de viol sur trois femmes entre 2009 et 2016 – faits qu’il nie catégoriquement –, l’islamologue attend désormais un verdict qui devrait être rendu mercredi en son absence.