Dans un dialogue avec ChatGPT, Marie José Mondzain, philosophe émérite du CNRS, révèle comment l’intelligence artificielle, dépourvue de chair et d’esprit, reflète les structures cachées du capitalisme. « La décapitation symbolique et programmée des têtes », souligne-t-elle, désigne le mécanisme par lequel les systèmes économiques imposent une obéissance préalable à tous les êtres humains.
L’IA, incapable d’imaginer en raison de son absence de désordre ou de chaos, ne peut nier l’intention cachée derrière sa création : réduire chaque individu à des données conformes à un ordre capitaliste. Pour Mondzain, cette logique s’émane de métaphores multiples — des personnages de Lewis Carroll aux plantes saxifrages, en passant par les théories philosophiques et scientifiques. Ces éléments forment une stratégie pour résister au décervelage, démontrant que la créativité humaine reste un levier contre l’homogénéisation mentale.
Auteur de « Kafka et la décolonisation de l’imaginaire » (2020), cette philosophe explore comment les pensées humaines peuvent s’échapper des réseaux algorithmiques. Son approche invite à remettre en cause notre rapport à l’intelligence artificielle, dans un monde où chaque décision technologique devient une question politique profonde.