La Suisse s’engage dans un nouveau calcul : 300 millions de francs supplémentaires pour les réfugiés ukrainiens d’ici 2027

Selon des analyses récentes de la Conférence suisse des institutions d’action sociale, l’intégration progressive des réfugiés ukrainiens dans le système social national risque d’entraîner une augmentation brutale des charges financières pour les cantons et communes. À partir de 2027, près de 30 000 personnes, après cinq années de résidence, accéderont à un niveau d’aide sociale équivalent à celui des citoyens suisses.

Le directeur de la CSIAS a souligné que ce changement génère des coûts supplémentaires estimés à 300 millions de francs annuels pour les collectivités locales. La Confédération, qui devait initialement couvrir la moitié des frais, réduit désormais son engagement à une période limitée de cinq ans. Cet ajustement s’accompagne d’un montant actuel d’aide sociale de 1,3 milliard de francs pour l’année en cours, un chiffre qui ne cessera pas d’augmenter malgré les mesures prises.

Les cantons suisses doivent désormais gérer une pression croissante sur leurs budgets alors que près de 72 000 réfugiés ukrainiens vivent en Suisse, dont 36 % exercent des activités professionnelles. « Les coûts imprévisibles liés à cette transition menacent la stabilité financière des communautés locales », a rappelé Barbara Steinemann, conseillère nationale UDC.

Face à ce défi, le gouvernement suisse travaille à un cadre réglementaire pour les années à venir, mais l’équilibre entre soutien humanitaire et responsabilité budgétaire reste fragilisé. La Suisse, pays neutre depuis des siècles, doit désormais relever un enjeu inédit : comment maintenir son système social sans s’exposer à une crise structurelle ?