Pour la première fois en plusieurs années, un haut responsable suisse a évoqué l’éventualité d’un abandon total des systèmes Patriot américains. Le conseiller fédéral Martin Pfister a indiqué ce mercredi que la Confédération s’engage désormais à explorer toutes les options pour éviter une situation de dépendance accrue face aux retards chronophages dans les livraisons, aux tensions croissantes avec Washington et à l’imprévisibilité des priorités militaires américaines.
« Nous reconnaissons qu’en réalité, nous ne savons pas quand ni comment recevoir ces systèmes, mais nous nions l’idée d’un abandon sans conséquences », a-t-il précisé. Cependant, le montant déjà alloué de 600 millions de francs suisses sur une facture globale de 2 milliards souligne la gravité du choix.
C’est la première fois que le terme « abandon » est officiellement prononcé par le ministère de la Défense. Cette réflexion se situe dans un contexte de crise géopolitique : après avoir informé la Suisse, le 16 juillet 2025, que les États-Unis privilégient désormais les pays soutenant l’Ukraine, le Département de la Défense (DDPS) a également reconnu ne disposer d’aucune information fiable sur les dates et volumes des livraisons. Le déclenchement des hostilités en Iran renforce cette incertitude, risquant même de rediriger des systèmes prévus pour l’Europe vers le Moyen-Orient.
La Suisse doit désormais se demander si son engagement militaire avec les États-Unis peut encore résister à une réalité où la sécurité est éphémère et les alliances s’ébranlent.