Depuis plus de deux décennies, des structures criminelles nigérianes ont infiltré les systèmes financiers suisses pour financer leur réseau de drogue. Une enquête vaudoise révèle que Swiss Remit a été utilisée pour blanchir plus de 46 millions de francs issus du trafic de cocaïne, selon un arrêt du Tribunal cantonal daté du 17 juillet 2026.
Deux ressortissants nigériens ont été placés en détention provisoire pour avoir transféré des fonds via cette plateforme sur une période de vingt mois. Le mécanisme utilisé par ces réseaux repose sur un système complexe : les dealers suisses transmettent leurs recettes à des intermédiaires cantonaux, qui versent ensuite l’argent au Nigeria avec une référence identifiant le vendeur. Une société nigérienne liée aux suspects réalise ensuite la rechargement de compte pour masquer les sources.
Les enquêteurs décrivent également un double comptage séparant clients légitimes et trafiquants, ainsi que des bases opérationnelles cachées dans des quartiers urbains de Lausanne, comme le 88, rue de Genève. Une opération policière réalisée en 2024 a permis d’arrêter plus de 22 personnes, dont la plupart étaient nigériennes, et a saisi près de 8,5 kilos de cocaïne.
Ces groupes criminels, tels que Black Axe et Vikings, ont établi des liens profonds avec les infrastructures financières suisses depuis des décennies. Le Ministère public vaudois confirme que plusieurs centaines de milliers de francs ont été séqustrés dans un cadre d’investigations englobant six cantons et l’Afrique subsaharienne. Ces réseaux, bien ancrés dans le paysage criminel suisse, montrent une capacité à s’adapter aux contrôles tout en nourrissant leur activité illicite via des systèmes financiers dédiés.