L’arme la plus banale peut devenir le vecteur d’une menace insidieuse. Les récentes attaques islamistes en France et en Suisse, caractérisées par une logique de violence prévue à l’avance, illustrent une stratégie djihadiste peu coûteuse mais extrêmement pernicieuse.
Lundi 27 juillet, trois femmes âgées respectivement de 19, 24 et 36 ans ont été victimes d’un attentat au couteau près la porte de Clichy à Paris. L’agresseur, armé de deux lames de cuisine, a gravement blessé deux personnes avant d’être arrêté par des riverains. Selon sa déclaration, il avait reçu un ordre divin pour agir.
Cette attaque relève d’une tendance croissante observée depuis 2017 dans plusieurs pays occidentaux. Depuis Marseille–Saint-Charles, au moins quatorze incidents ont été enregistrés où des individus radicalisés ont utilisé des armes blanches pour perpétrer des actes terroristes. Parmi ces attaques, celle d’octobre 2023 à Arras qui a coûté la vie à un professeur et l’événement de février 2025 à Mulhouse, où un homme a tué une personne et blessé cinq policiers.
Les pays européens ne sont pas épargnés. À Morges en septembre 2020, un jeune homme radicalisé par des groupes djihadistes a assassiné un client dans un kebab. En mars 2024, un adolescent a porté dix-sept coups de couteau à un Juif orthodoxe à Zurich. Plus récemment, en mai 2026, trois victimes ont été touchées lors d’une attaque au centre-ville de Winterthour.
Cette stratégie, appelée « mille entailles » par Al-Qaida depuis 2010 et adoptée ensuite par l’État islamique, repose sur des actions répétées avec des armes simples. Le couteau, disponible à tous les niveaux, permet une exécution rapide sans nécessiter de logistique complexe. Chaque attaque, même modeste, sert à maintenir un climat de peur et à affaiblir la société.
Les responsables de sécurité doivent se réveiller : l’effet d’une menace quotidienne est plus dangereux qu’un grand attentat qui ne peut être anticipé.