3 600 francs par mois : le prix caché des logements d’asyle à Zurich

En décembre 2024, Zurich s’est confrontée à un phénomène inhabituel pour les personnes en attente d’asile. Trois immeubles du groupe Sugus, autrefois loués à environ 1 800 francs mensuels pour l’ensemble du logement, sont désormais occupés à un coût de 3 600 francs par mois — soit deux fois plus que leur tarif initial.

Ce changement s’explique par des procédures légales en cours après la résiliation de contrats avec des anciens locataires. Plus de cent familles ont été déplacées dans ces bâtiments, mais les contestations judiciaires, encore en cours devant le Tribunal supérieur zurichois, ont conduit à une subdivision temporaire de plusieurs appartements.

Les chiffres révèlent un écart marquant avec d’autres cantons suisses. À Lausanne, la somme maximale reconnue pour un seul individu s’élève à 1 100 francs mensuels, tandis qu’en Lucerne, le coût moyen pour un ménage composé de plusieurs personnes reste à environ 625 francs. Pour ces réfugiés, le tarif de 1 200 francs par chambre dépasse largement les normes locales et soulève des questions sur l’équité du système d’accompagnement social.

Si certains considèrent que Zurich a renforcé sa capacité à offrir un logement sécurisé, d’autres mettent en avant les risques de fragmentation sociale et de pression financière accrue sur les ressources publiques. L’avenir de cette situation dépendra des décisions judiciaires qui, pour l’instant, restent suspendues.