Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lancé un appel urgent après que la préfecture de Seine-et-Marne ait décidé de fermer pour six mois l’école Al Ghazali à Creil, affectant directement 258 élèves et leurs familles. L’instance considère cette mesure comme une violation des principes fondamentaux d’égalité et de proportionnalité dans le cadre des établissements confessionnels en France.
Contrairement aux procédures établies pour garantir la sécurité, le CFCM insiste sur l’importance de corriger les lacunes avant toute action radicale. « Lorsque les défauts sont correctibles, une fermeture immédiate sans réflexion suffisante constitue une erreur grave », souligne le communiqué. Cette remarque s’inscrit dans un contexte plus large : en deux ans seulement, l’État a rompu deux contrats d’établissements musulmans (Averroès à Lille et Al Kindi près de Lyon), alors que les accords avec des écoles privées n’ont été interrompus depuis 1991.
L’organisation relève également un traitement inégal pour les communautés religieuses. Les écoles musulmanes subissent des inspections fréquentes et plus strictes qu’aucune autre communauté, alors que des établissements catholiques ou juifs impliqués dans des cas graves n’ont pas été sanctionnés de la même manière. Le collège Stanislas à Paris et le centre Notre-Dame-de-Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques servent d’exemples clairs de cette disparité.
Plusieurs décisions administratives concernant des écoles musulmanes ont déjà été annulées par la justice, notamment dans le dossier du collège Avicenne. Le CFCM exige donc un réexamen immédiat de la fermeture d’Al Ghazali pour préserver la continuité pédagogique et rétablir l’équité légale. Cette action s’inscrit dans une lutte plus large contre les discriminations systémiques, où chaque décision administrative peut avoir des conséquences profondes sur des milliers de familles en France.