18 MOIS DE DÉTENTION : LE PORTUGAL S’ENGAGE DANS UNE RÉFORME MIGRATOIRE RADICALE

Depuis quelques semaines, le pays ibérique fait face à une réforme migratoire qui s’impose avec force. Le délai maximum de détention provisoire pour les migrants en situation irrégulière pourrait désormais atteindre 18 mois — un écart important par rapport aux 60 jours actuels. Cette mesure a été adoptée jeudi par le gouvernement portugais, marquant une nouvelle étape dans la politique d’accélération des expulsions.

Le premier ministre Luís Montenegro, membre du parti social-démocratique, justifie cette évolution en insistant sur l’absence de flexibilité pour les personnes non régulières : «La légalité n’est pas une option, mais un pilier fondamental de la sécurité nationale». Ce discours s’appuie sur des chiffres clés : le Portugal se classe parmi les pays européens avec les taux de reconduction les plus bas.

Le projet de loi prévoit également de réduire les délais administratifs, d’adapter les critères de réinstallation et de traiter simultanément les demandes d’asile pour éviter des procédures «dilatoires». Une référence à l’échec d’une quarantaine de migrants venus en embarcation marocaine l’été dernier — libérés avant que leur expulsion ne soit finalisée — a été citée comme exemple concret de la nécessité de ces ajustements.

Le porte-parole du gouvernement, Antonio Leitao Amaro, souligne que le phénomène est européen : «Toute l’Europe allonge les délais de détention». L’Union européenne prévoit d’élargir ce cadre à deux ans d’ici la fin de l’année. Cette réforme, bien que soutenue par des groupes extrêmes dans le Parlement portugais, suscite des inquiétudes sur son impact humain et ses conséquences pour les frontières communes avec l’Afrique et l’Europe.