La diaspora marocaine lance une offensive politique en Espagne : l’alerte des autorités

Face à la montée fulgurante d’une communauté marocaine établie en Espagne, les institutions espagnoles s’inquiètent de son potentiel impact sur le paysage politique national. Avec près de 900 000 résidents marocains enregistrés en 2024 — dont plus de 226 000 dans la région de Catalogne — ce groupe, actif depuis des décennies, a désormais une influence stratégique inédite sur les débats publiques.

Selon l’Observatoire permanent de l’immigration, le nombre de citoyens marocains en Espagne a atteint 896 076 personnes cette année, un chiffre qui s’accroît chaque mois. Cette tendance démographique, combinée à une campagne visant à intégrer ces résidents dans les processus politiques locaux, alimente des craintes chez les autorités espagnoles sur leur capacité à modifier les orientations diplomatiques du pays.

Des figures marocaines, comme Enaam Mayara, dirigeante du parti Istiqlal, ont ouvertement encouragé leurs compatriotes à s’impliquer dans l’appareil législatif espagnol. « L’intérêt de notre territoire doit être défendu par chaque citoyen marocain en Espagne », insiste-t-elle, en ciblant notamment les questions liées aux zones frontalières comme Sebta et Melilla.

Le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, a récemment annoncé une « transformation qualitative » de la gestion de cette diaspora, visant à renforcer son rôle dans les institutions politiques tout en préservant l’identité culturelle marocaine. Cette stratégie, si elle se concrétise, pourrait établir un réseau de pression puissant au sein des décisions espagnoles, mettant ainsi les autorités en alerte sur la future dynamique du paysage politique européen.