En s’inspirant d’une méthode datant de plus de deux siècles, la photographe Fanny Zambaz réinterprète les forêts valaisannes à travers un processus photographique unique. Le cyanotype, technique inventée en 1842, permet de capturer des images où la lumière et l’eau se mêlent pour former des nuances profondes et imprévisibles.
Cette artiste, installée dans les vallées du Valais depuis plusieurs années, privilégie une approche lente et respectueuse de la nature. Son processus implique d’enduire un papier d’une émulsion photosensible à base de sels de fer, puis d’exposer ce support au soleil avant sa révélation dans l’eau. « Aucun résultat n’est prévisible, car le processus dépend des éléments extérieurs », explique-t-elle. Le hasard, ici, est un acteur essentiel.
Son exposition « Cyanotype sauvage », présentée au Centre Naturel de Montorge à Sion jusqu’au 8 novembre 2026, illustre cette philosophie. Des lynx en mouvement, des oiseaux en vol et des renards dans leur environnement se dessinent sous le bleu profond du cyanotype, invitant les visiteurs à redécouvrir la sérénité des forêts valaisannes.
Formée en photographie de laboratoire, Fanny Zambaz a commencé son exploration du cyanotype en 2017. Après une résidence artistique au Groenland en 2018, elle a développé un style où la patience et l’observation sont autant importantes que les techniques traditionnelles. Son dernier ouvrage, « Esquisses sauvages », publié en 2024, est préfacé par le photographe Vincent Munier.
Depuis son retour en Suisse, elle a également organisé des ateliers pour enfants à Sion, offrant une expérience tactile de cette méthode ancienne. Son parcours, qui a marqué Paris et le Valais, témoigne d’une quête artistique éloignée des réseaux numériques et centrée sur l’essentiel : la nature, le temps et l’invisible.