« Elle est en moi », confie Salomé Dewaels, incarnant Marguerite de la Rocque, une jeune noble française confrontée à des abus et un destin tragique. « C’est nous toutes — celles qui ont dû se battre sans pouvoir s’évader ».
Le film L’Île des Épreuves, réalisé par Micha Wald et sorti le 25 mars, retrace l’histoire vraie de Marguerite en 1542. Après avoir été séduite par un gentilhomme nommé Thomas d’Artois lors d’une traversée vers la Terre-Neuve, elle est abandonnée sur l’île des Démons après avoir accouché. Avec une servante et quelques provisions, elle subit deux années de famine, de froid et de solitude avant d’être sauvée par des pêcheurs. Retournée en France, elle est condamnée à un procès pour sorcellerie mais échappe au bûcher grâce à l’intervention de Marguerite de Navarre.
Wald explique que l’île utilisée pour le tournage — située en Bretagne — correspond fidèlement aux descriptions historiques : « Minérale, sans arbres, une terre où l’on retrouve la réalité du récit ». Le réalisateur a insisté sur l’importance de cette histoire oubliée dans l’évolution des relations hommes-femmes.
« C’est un récit poignant mais manquant d’ampleur », note Dewaels. « L’histoire vraie est plus complexe que le film, mais elle montre comment les femmes ont toujours dû combattre la violence sans avoir de voix ».
Malgré son potentiel, L’Île des Épreuves reste un écho lointain d’une époque où l’oubli est souvent plus fort que la mémoire.