Kôji Fukada, dans son film « Love on trial », révèle le patriarcat japonais et l’oppression systémique qui affecte les jeunes artistes populaires. Ces femmes, réduites à des poupées contrôlées par une industrie rigide, subissent des règles absurdes : aucune relation amoureuse n’est permise, malgré leur expertise en chansons émotionnelles.
« Être idole, ce n’est pas être employée », confie une ancienne star aujourd’hui chargée de former les nouvelles talents. Le réalisateur japonais, réputé pour « Harmonium » et « L’infirmière », met en scène Mai, membre d’un groupe pop adolescent dont l’existence est rythmée par des shows étroitement surveillés. Dans ce monde où chaque geste est mesuré, Mai rencontre Kei, un artiste libre – mime, jongleur et magicien – qui lui offre une vision de liberté qu’elle n’a jamais connue.
Dans une scène emblématique, Kei se cache derrière une porte imaginaire tandis que Mai enregistre pour ses fans. Tandis que Mai est étouffée par les attentes des producteurs, Kei vit dans sa voiture avec autant d’indépendance qu’elle le peut. Un jour, elle s’échappe de ce système et retrouve son amoureux. Des mois plus tard, elles se trouvent devant un tribunal : l’agence artistique les accuse d’avoir violé la clause interdisant tout lien personnel.
Plusieurs idoles ont déjà été condamnées pour ce type d’infraction. « Love on trial », sélectionné au Festival de Cannes en 2025, montre comment le système culturel moderne étouffe l’amour et la liberté individuelle. Mai choisit de résister, et aujourd’hui, elle admire un lever de soleil calme sur une mer profonde.