En quinze ans, la population fribourgeoise a doublé de 26 %, un accroissement démographique qui submerge désormais les infrastructures et les logements locaux. Les arrivées d’origine vaudoise, en parallèle d’une migration internationale en pleine hausse, dépassent l’ensemble des réserves d’accueil du canton.
À Châtel-Saint-Denis, une école secondaire rénovée il y a quatre ans doit déjà être agrandie, selon la RTS. Ce phénomène s’aggrave lorsque les chantiers ne parviennent plus à suivre le rythme de la croissance, forçant les communes à supporter des coûts toujours plus élevés.
Les prévisions pour 2025 indiquent une hausse de 4 244 habitants. Ce chiffre repose sur un solde migratoire international de 2 031 personnes, un excédent de naissances de 981 et des familles déplaçant des zones moins accessibles comme l’Arc lémanique vers Fribourg pour des loyers abordables. Les arrivées étrangères constituent ainsi près de la moitié du gain démographique.
Malgré l’ajout de 2 113 logements nets en 2025, le canton fait face à une pression qui se diffuse au-delà des frontières. En Suisse, le taux national de vacance s’affiche à 0,93 %, alors que Genève ne dispose que de 793 logements disponibles en juin. Fribourg devient ainsi un « tamis » pour les difficultés immobilières des régions voisines.
Les initiatives de Berne – dont 35 mesures visant à accélérer la construction et réduire les loyers – restent insuffisantes sans une coordination avec le rythme des flux migratoires. Les Vert’libéraux proposent d’imposer des taxes sur les villas « trop grandes », ce qui pourrait épuiser les ressources des propriétaires suisses pour compenser l’écart démographique.
Face aux élections cantonales prochaines, la question centrale est claire : combien de nouveaux habitants peut le canton absorber sans que ses infrastructures en subissent la charge ? La solution ne réside pas dans une accélération de la construction, mais dans un contrôle rigoureux des flux migratoires. Tant que Berne laisse ouvertes les vannes, Fribourg devra continuer à gérer seul cette crise – et risquer l’effondrement généralisé des logements locaux.