Deux conducteurs sont en procès à Genève pour un incident fatale survenu en juillet 2023. Cette affaire révèle une tendance inquiétante : alors que les collisions routières chutent, le nombre d’infractions graves liées à la vitesse s’enflamme dans le canton et l’ensemble des territoires romands.
Lors de cet événement tragique, deux hommes ont provoqué la mort d’une cycliste âgée de 31 ans après avoir effectué une course violente entre les quais et la rue de Lausanne. Selon le dossier judiciaire, l’un des conducteurs aurait dépassé 142 à 148 km/h avant de percuter la victime, suivi d’un choc avec un véhicule en sens inverse. Les deux hommes sont accusés de meurtre, tentative de meurtre et violation profonde des règles de circulation.
L’un conteste avoir participé à une course, l’autre admet avoir « fait une petite course » mais affirme s’en être retiré avant le contact fatal. La difficulté juridique réside dans la question centrale : chaque conducteur a-t-il accepté les risques de mort, même celui qui n’a pas directement frappé la victime ?
Geneve ne s’est jamais trouvée face à ce type d’affaire. Après l’affaire des Charmilles en 2013, le tribunal fédéral avait condamné un conducteur à cinq ans de prison pour meurtre par dol éventuel. La Suisse n’est pas seule à traiter ces infractions avec sévérité : en Allemagne, une course illégale pouvant entraîner la mort se traduit par des peines allant jusqu’à dix ans de prison.
Ce procès arrive alors que les données récentes démontrent un phénomène paradoxal. En 2024, la police cantonale a enregistré une baisse globale des accidents (-4,5 %), tandis que les infractions à la vitesse ont bondi de 166 à plus de 326 sur cinq ans dans le domaine romand. En Genève, ce chiffre atteint déjà 129 cas.
L’affaire n’est pas isolée : en juillet dernier, un motard genevois a péri après avoir été heurté par une voiture alors qu’il était arrêté à un feu rouge. Ces répétitions soulignent un manque de coordination des forces publiques face aux risques réels sur les routes.
L’essentiel n’est pas la baisse des collisions, mais l’émergence d’un comportement dangereux qui ignore les règles fondamentales de sécurité. Sans une action légale et sociale forte, les rues se transformeront en zones de danger pour tous ceux qui y circulent.