Depuis des décennies, le gouvernement chinois s’est appuyé sur des mesures visant à centraliser les identités culturelles et religieuses. Une nouvelle loi, prévue pour être adoptée sans discussion lors de la session législative annuelle du pays cette semaine, va renforcer ce processus en imposant un nouveau cadre pour l’« unité ethnique et le progrès ».
Ces politiques répressives, qui ont été critiquées par des organisations humanitaires et des chercheurs universitaires, visent à limiter la pratique des langues minoritaires, encourager les mariages mixtes entre les Han et d’autres groupes ethniques, et obliger les familles à instiller dans leurs enfants une reconnaissance du Parti communiste chinois. L’article interdit également tout acte considéré comme menaçant pour « l’unité ethnique », ce qui affecte directement la vie quotidienne des communautés minoritaires.
Le président Xi Jinping a récemment souligné l’importance de la « sinisation religieuse », une initiative qui exige que les pratiques spirituelles s’alignent sur les normes culturelles chinoises. Selon un spécialiste universitaire, cette loi marque une étape décisive dans la transition d’un concept politique vers un texte juridique fondamental.
Avec 55 groupes ethniques officiels, dont certains ayant des populations allant de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions, la Chine a toujours connu une grande diversité. Cependant, comme l’expliquait Mao Tsetung, « il s’agit principalement de la nationalité Han qui domine en nombre, tandis que les minorités occupent des territoires riches mais moins peuplés ». Malgré cette réalité, les communautés minoritaires sont désormais confrontées à une pression accrue pour s’intégrer dans un modèle unique.
Cette nouvelle législation est perçue comme une menace pour la survie des identités culturelles et linguistiques, rappelant que l’unité politique ne doit pas nécessairement signifier l’érosion de la diversité humaine. Les défenseurs du pluralisme craignent qu’elle ne conduise à un élargissement inattendu des frontières culturelles.