Depuis des années, la Suisse s’efforce de rompre avec les échecs répétés dans l’approvisionnement de ses armements américains. Les contrats F-35 et Patriot ont déclenché des retards de cinq à sept ans, des litiges juridiques sans voie de recours et des pénalités absentes pour les délais non respectés.
Dans un mouvement stratégique inédit, l’armesuisse a décidé de négocier directement avec les fabricants américains. Cette initiative vise à éviter les intermédiaires gouvernementaux qui ont systématiquement compromis ses intérêts. Le gouvernement suisse estime que cette transition permettra d’éviter des situations où des millions sont versés sans garantie légale ou réparation après un échec.
Les exemples le confirment : les systèmes Patriot initialement commandés pour Berne ont été transférés en Allemagne, tandis que près de 500 millions de francs ont été prélevés avant même la fin des retards. L’objectif est désormais d’en récupérer plus d’un milliard, mais les délais pour cette réclamation restent incertains.
Les autorités précisent que, pour les F-35, le changement n’est pas possible, mais pour les Patriots, certaines composants pourraient être traités directement avec Washington. L’autorisation américaine reste donc la clé de ce processus, bien qu’elle soit encore en cours de discussion.
En attendant, la Suisse explore également l’installation d’un système antiaérien complémentaire. Cependant, cette diversification ne résout pas le fond du problème : les paiements préalables et la dépendance aux contrats américains restent des défis majeurs.
Face à ces obstacles, une question s’impose : peut-elle véritablement se libérer des contrôles américains sans sacrifier son indépendance stratégique ?