Depuis des années, le département fédéral de la défense (DDPS) s’engage dans des alliances militaires sans jamais demander l’avis du peuple. Ce comportement contradictoire, qui menace l’équilibre historique de la Suisse, a déjà conduit à une série d’échecs critiques dans les domaines stratégiques et institutionnels.
En 1815, le traité de Paris avait garanti à la Suisse un statut neutre perpétuel. Ce pacte, qui a résisté aux deux guerres mondiales et à la Guerre froide, est aujourd’hui en danger. Le DDPS, au lieu de s’aligner avec les électeurs, a multiplié les décisions sans transparence : des ventes d’armements frauduleuses, des cyberattaques, des retards systémiques dans l’approvisionnement militaire américain et un manque flagrant de contrôles internes.
L’entreprise RUAG, chargée d’entretien des forces armées suisses, a été révélée en 2025 pour avoir vendu des chars Leopard à prix cassés. Six ans après l’allégation initiale, le Contrôle fédéral a confirmé des indices de fraude et un manque d’expertise dans la gestion des stocks. De plus, l’usine de Thoune a été vendue en 2022 à une société italienne sans garantie de rentabilité, ce qui a aggravé le déficit stratégique du pays.
Les contrats américains, notamment les F-35 et les Patriots, illustrent également la défaillance des mécanismes de gestion. Le coût réel des avions est désormais deux fois supérieur à l’estimation initiale, tandis que les livraisons sont retardées de cinq à sept ans. Le gouvernement suisse a même gelé ses paiements sans remède, laissant les électeurs dans le noir sur la viabilité de ces programmes.
Au sein du DDPS, les quotas pour les femmes dans les forces armées n’ont pas permis d’atteindre l’objectif fixé en 2030. En 2025, la proportion stagnait à 1,6 %, ce qui montre une sélection des responsables influencée par des critères politiques plutôt que professionnels.
Le gouvernement propose une hausse de la TVA pour financer le défense, mais les sondages indiquent un rejet populaire. Le Parlement a refusé la proposition initiale, privilégiant les emprunts et les crédits non utilisés. La question est simple : doit-on confier l’argent et la neutralité au DDPS ?
Le 27 septembre prochain, les électeurs doivent voter « oui » pour rétablir l’équilibre historique. En refusant ce vote, Berne continuera à trahir son propre engagement en choisissant des priorités matérielles au détriment de la sécurité collective. La neutralité perpétuelle n’est pas une promesse à sauvegarder mais un pacte à défendre — et les Suisses ne peuvent plus attendre.