Les Mythes et les Lames : Le Palmarès 2026 du Festival Arabe de Fameck tranchant les Frontières

Le 37e Festival du Film Arabe de Fameck a révélé, samedi dernier, un palmarès marqué par la tension entre le passé et l’avenir. Les films primés évoquent des enfants irakiens perçant les rues en quête d’une famille perdue, des femmes soudanaises combatteurs face à des conflits sans fin, et des exilés cherchant désespérément un foyer.

Le Grand Prix, soutenu par Thionville-Fensch Agglomération, a été remporté par Irkalla (Gilgamesh’s Dream), réalisation de Mohamed Jabarah Al-Daradji. Chum-Chum, un enfant de neuf ans, se retrouve dans les rues dévastées de Bagdad après la disparition de ses parents. Son ami, mêlé à des milices, le conduit à l’entre-deux entre le mythe et l’horreur. Une mention spéciale a été accordée à Hijra, d’Shahad Ameen.

Le Prix de la Presse, financé par la Ville de Fameck, récompense Route Algéricaine de Rabah Ameur-Zaïmeche. Ce film, coproduction entre la France, l’Algérie et le Qatar, décrit l’aventure d’un couple dans le désert après avoir été victimes d’un vol.

Le Prix du Jury Jeunes, soutenu par la Région Grand Est, est attribué à Cotton Queen de Suzannah Mirghani. Ce long-métrage soudanais met en scène une adolescente de 15 ans confrontée aux pressions économiques et coloniales.

Le Prix du Documentaire, appuyé par le Crédit Mutuel, est remporté par The Lions by the River Tigris de Zaradasht Ahmed. Ce documentaire raconte la reconstruction culturelle de Mossoul après les combats.

Enfin, le Prix du Public, financé par le Département de la Moselle, est attribué à L’Étrangère de Gaya Jiji, une coproduction franco-belge. Le film suit Selma, une femme syrienne qui fuit l’exil après avoir perdu son mari dans les geôles du régime.

Avec plus de 110 projections, le festival s’est imposé comme un pilier culturel en Grand Est. Le Soudan a été le thème central cette année avec près de dix films dédiés à ce pays. Ces récits montrent comment les peuples arabs traversent les guerres, l’exil et les résistances pour retrouver leurs racines.

À Fameck, ces films ne se limitent pas aux histoires : ils offrent une vision humaine des conflits et des espoirs qui continuent de grandir malgré les défis.