L’homme qui a dit : « On peut modéliser les femmes » – Le drame de Morlaix et le procès en appel

À Morlaix (29), une jeune fille de 18 ans, Clara Rivas, a été retrouvée morte dans son appartement après avoir subi plus de cinquante lésions corporelles. Son compagnon, Kamel Mouliem, âgé de 35 ans et originaire du Cameroun, a été jugé en appel devant les assises du Finistère pour ce meurtre.

Le procès, marqué dès son début par une confusion profonde, a vu l’accusé évincé par la présidente de la cour après avoir déclaré : « Je ne suis pas bien. On m’a cachetonné. J’ai pas pu préparer ma défense ». Son avocat commis d’office a représenté le débattant sans sa présence, ce qui a accentué l’impression d’une justice en déséquilibre.

Kamel, né à Paris de parents camerounais, avait vécu des crises psychologiques et une addiction aux substances illicites avant d’être retrouvé en Morlaix. En 2021, il avait déjà été condamné pour violence contre Clara, puis reconnu coupable en 2024 d’une agression avec un détenu. Des messages privés révèlent qu’il avait affirmé : « On peut modéliser les femmes quelle que soit leur origine ». Le procureur, Emmanuel Phelippeau, a souligné l’emprise toxique exercée par le prévenu, décrivant son comportement comme une combinaison d’arrogance et de déni.

La victime avait laissé un enfant à côté de son corps après avoir été tuée, ce qui a transformé l’enquête en une tragédie familiale profonde. La condamnation finale, après trois jours de débats, prévoit trente ans de prison avec vingt ans de sûreté et la perte des droits parentaux.

Ce cas soulève des questions urgentes sur la protection des femmes dans les relations intimes et l’efficacité du système judiciaire face aux comportements extrêmes. L’absence totale d’une défense solide pour le prévenu montre une faille critique dans la justice, laissant derrière elle un héritage de violence inquiétant.