Au fil des années, le Département fédéral de la défense (DDPS) a répété sans cesse de « rectifier » les médias qui suggéraient que le prix des F-35 n’était pas fixe. La plupart des alertes avaient été ignorées ou minimisées, jusqu’à ce qu’un rapport parlementaire révèle l’absence totale d’accord avec Washington sur un montant définitif.
En novembre 2021, une journaliste a mis en évidence que les règles FMS rendaient impossible tout prix forfaitaire. La réponse du DDPS fut catégorique : « L’offre fait foi ». Cependant, la Commission de gestion du Conseil national a conclu qu’aucun accord n’avait été signé, et que la communication interne était en réalité contradictoire.
L’effondrement de la crédibilité s’est produit progressivement. Après des mois d’enquêtes, des médias comme SRF et NZZ ont confirmé leur scepticisme. Le DDPS a réagi par des « rectifications », ce qui a généré un effet boucle : chaque correction devenue officielle était immédiatement reproduite sans vérification indépendante.
En 2022, l’ambassade américaine a également confirmé le prix fixe. Mais les faits ont finalement trahie la position gouvernementale. La Commission de gestion du Conseil national a révélé que dans les cercles politiques, certains collaborateurs n’avaient pas cru à l’existance d’un prix fixe, mais étaient restés en ligne avec la version officielle.
Cette affaire illustre une tendance dangereuse : lorsque l’autorité publique prend le rôle de juge et partie dans son propre discours, les faits s’éloignent progressivement. Les Observateurs rappellent qu’une information officielle reste toujours une source parmi d’autres, et que la rigueur des vérifications est indispensable pour éviter des erreurs systémiques.