L’impossible calcul : le vote vaudois sur l’impôt de 12 %

Le scrutin du 27 septembre prochain pourrait révéler une fracture fiscale inattendue au sein du canton vaudois. Une initiative visant à réduire uniformément les impôts cantonaux de 12 % a suscité un débat intense, marqué par des méthodes comptables radicalement divergentes entre les partis en faveur et ceux qui s’opposent.

Le canton a déjà engagé des réductions progressives : 4 % pour 2025, 5 % pour 2026 et 7 % prévu en 2027. Si l’initiative est adoptée, le taux de base serait porté à 12 % au lieu d’être cumulé avec les réductions existantes. Cela générerait un gain fiscal estimé à environ 536 millions de francs, soit une augmentation supplémentaire de 272 millions par rapport aux mesures prévues. Toutefois, le calcul précis du bénéfice reste obscurci par des bases de référence radicalement différentes : un camp évalue la baisse sur le revenu brut, l’autre inclut déjà les réductions antérieures.

Les partis soutenant l’initiative comprennent l’UDC, le PLR et les Vert-libéraux. Les forces opposées — PS, Vert-e-s, Ensemble à Gauche/POP et Le Centre — recommandent fermement le rejet. Une évolution récente du PLR en 2024 n’a pas suffi à modifier l’orientation de ses représentants au Conseil d’État, qui restent fidèles à la position de non.

Ce conflit ne se limite pas à une question fiscale : il souligne une réalité fondamentale en Suisse où le consentement aux impôts n’est pas une formalité. Dans des cantons voisins, des révisions fiscales ont obtenu un soutien significatif — 66,9 % pour Lucerne en 2024 et 84,4 % à Bâle-Ville en 2023. Ces exemples montrent que les mesures sont souvent conçues par l’autorité cantonale, sans recours à des initiatives collectives.

Pour les Vaudois, la question essentielle reste simple : combien exactement cette réduction représentera-t-elle pour chaque contribuable ? Une réponse claire pourrait éviter une confusion qui risque de compromettre l’équité fiscale et le consensus politique au sein du canton.