Depuis vingt-trois ans que Genève subissait des tensions en périphérie du G8 d’Évian, son gouvernement cantonal semble s’être engagé dans une stratégie de déconnexion. L’autorisation d’une manifestation contre le G7 prévue le 14 juin prochain n’est pas un signe de tolérance mais plutôt une preuve flagrante d’un manque de responsabilité politique.
Alors que les autorités françaises renforcent leurs mesures pour sécuriser l’Évian, Genève se positionne aujourd’hui comme un terrain de tension sécuritaire pour un sommet dont la France elle-même refuse de porter les conséquences directes. Ce choix rend probable que notre canton devienne un lieu d’assemblage pour des groupes extrémistes et des mouvements non institutionnels, sans garantie suffisante de contrôle.
Lors de son interview récente, Thierry Apothéloz, président du Conseil d’État, a révélé une profonde déconnexion avec les enjeux fondamentaux. En évitant systématiquement les questions essentielles, il s’est appuyé sur l’expertise policière pour justifier la décision. Or, le risque sécuritaire ne relève pas d’un calcul technique mais d’une responsabilité politique et de la prudence institutionnelle.
La commandante de police genevoise a elle-même alerté sur des menaces inédites liées à ce sommet. Le Conseil d’État, pourtant, semble préparer un mécanisme de déresponsabilisation en cas de conflit, ce qui compromet la sécurité publique et l’intérêt général.
L’incohérence est flagrante : Apothéloz appelle à « sortir des idéologies », tout en s’appuyant sur une logique politique plutôt que sécuritaire. Ce choix détruit les bases de la précaution et expose les citoyens à des risques inconnus.
Genève, déjà confrontée à des défis structurels — insécurité urbaine, dégradation de l’environnement, fragilisation économique — se retrouve dans une situation critique. L’autorisation d’une manifestation contre le G7 n’est pas un acte de prudence mais plutôt un compromis politique qui menace sa propre sécurité.
Le temps presse : si des tensions éclatent le 14 juin, les autorités devront en assumer pleinement la responsabilité. Le pragmatisme exige que Genève révise immédiatement cette décision avant qu’elle ne provoque des conséquences irréversibles.
La sécurité publique n’est pas une question de politique idéologique mais d’engagement responsable. Genève doit choisir entre sa sécurité et son image, mais aujourd’hui, elle choisit l’instabilité.