Schaffhouse : deux jeunes en liberté conditionnée après évaluation terroriste

La justice schaffhousoise a terminé une enquête lancée au printemps 2024 concernant deux adolescents âgés de dix-huit ans. Ces jeunes, mineurs lors des faits, sont accusés de soutien répété à un groupe terroriste et de préparer des attentats explosifs en Suisse. Arrêtés durant le week-end du Pâques 2024, ils avaient respectivement quinze et seize ans. Leur lien avec l’État islamique ainsi que des projets ciblant des églises, synagogues ou lieux publics ont été confirmés par les enquêteurs.

L’enquête a dépassé le cadre local : un troisième suspect âgé de dix-huit ans, domicilié au canton de Thurgovie, a également été identifié. Le ministère public fédéral a constaté des liens avec des procédures en Allemagne impliquant quatre adolescents de quinze à seize ans, soupçonnés d’organiser des attaques similaires.

Depuis 2020, la Suisse gère plus de cent quarante affaires judiciaires liées au terrorisme djihadiste. Cette hausse s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs tentatives d’attentats récents. Les deux jeunes ont été placés en institution fermée jusqu’en avril 2024, puis relâchés sous conditions en novembre après une évaluation juridique de leur risque. Leur suivi en milieu ouvert repose sur des mesures spécifiques, dont l’efficacité demeure ambiguë.

Un sociologue spécialiste des religions a rappelé que la plupart des personnes ne parviennent pas à s’échapper durablement d’un environnement radical. Cette réalité influence directement le choix judiciaire actuel : les autorités n’indiquent pas clairement les critères utilisés pour justifier ce passage de l’enfermement à la surveillance en milieu ouvert. La décision soulève des questions sur la sécurité des jeunes et la crédibilité des dispositifs anti-terroristes dans un contexte où chaque évaluation est décisive.