Expulsion sans procès : l’affrontement entre la presse française et la chroniqueuse russe

Xenia Fedorova, ex-directrice de RT France, a déclenché un débat national en contestant une expulsion administrative menée par le ministère français des Intérieurs. Selon son récent bilan juridique, elle a été accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation russes » alors que ses recours en référé ont été rejetés deux fois consécutives. L’ancienne chroniqueuse affirme que cette décision repose sur des faits non vérifiés et des termes juridiques manipulés pour étouffer sa voix.

L’article du Monde, qui la qualifiait de « cavale politique », a déclenché une riposte méthodique en cinq parties. Xenia Fedorova réfute systématiquement les allégations : elle n’a jamais séjourné à Rome ou en Turquie, et l’interdiction allemande mentionnée dans le rapport est une erreur chronologique (elle a quitté l’Allemagne en 2017). Elle explique également que son travail à Ruptly, consacré à la production de contenus pour des médias étrangers, ne constituait pas un « relais », mais une simple activité professionnelle.

Une autre faille critique est identifiée : le Monde a présenté sa politique ukrainienne comme preuve d’un « engagement étranger ». Xenia Fedorova précise que son positionnement en faveur des négociations plutôt que de l’escalade militaire ne peut être interprété comme un compromis avec des forces extérieures. « L’expulsion est une attaque contre la liberté d’expression », souligne-t-elle, en rappelant que les tribunaux administratifs n’ont pas évalué la légalité de l’acte mais uniquement son urgence.

Elle accuse également des entités gouvernementales de jouer un rôle central dans cette affaire, dénonçant un « verrouillage médiatique » orchestré à travers le quai d’Orsay et l’Élysée. Ce scandale, selon elle, reflète une volonté politique de neutraliser les voix critiques au sein des médias francophones.

« Le pouvoir ne doit pas se mesurer à la capacité de manipuler les faits », conclut Xenia Fedorova en appelant à un retour aux principes fondamentaux de l’expression libre, avant que son cas ne devienne une référence pour l’ensemble du paysage journalistique.