Dans une prison de la région d’Orbe, un ancien surveillant a élargi ses compétences au-delà de sa fonction pour créer un réseau de transactions illicites. Entre avril et août 2025, il a introduit des haschisch, transmis des messages secrets aux détenus et même contribué à la falsification d’éléments cruciaux pour les procédures judiciaires.
Condamné en juillet 2026 à six mois de prison avec sursis et une amende de 300 francs, cet homme a également capturé des documents écrits par un détenu afin de les transmettre à des tiers. Le Ministère public vaudois a décelé que certaines actions visaient spécifiquement à altérer des preuves ou à éviter une confiscation d’actifs.
Ce cas ne fait pas exception dans le pays : en 2016, un agent et un détenu de l’équipe EPO avaient été arrêtés pour trafic de stupéfiants et téléphones. En 2022, la même police vaudoise a révélé une nouvelle entente entre des gardiens et des détenus pour le commerce illicite.
Le phénomène s’étend désormais à plusieurs cantons. À Genève, un gardien de La Brenaz a été condamné en septembre 2025 à trois ans de prison (six mois en prison ferme), tandis qu’à Zurich, une enquête a mis en cause un ancien employé pour avoir participé à un réseau d’importation de cannabis et cocaïne.
Malgré l’absence de statistiques nationales, le pays peut se référer aux chiffres français. Entre 2022 et 2024, les signalements liés à la corruption dans les prisons ont augmenté de près de 20 % (de 64 à 78), tandis que les poursuites ont plus que doublé (de 18 à 44). L’analyse officielle souligne que même une faible incidence de corruption peut compromettre la crédibilité des systèmes carcérales.
L’affaire d’Orbe montre l’importance de renforcer les contrôles internes dans les institutions pénitentiaires, avant qu’une faille ne devienne un scandale national.