Quatre cantons suisses interdisent désormais le voile islamique en école : l’escalade se poursuit

Zurich s’est ajouté à la liste des régions qui agissent contre le port du voile dans les écoles, après avoir été suivie par Argovie, Saint-Gall et Zoug. Ces cantons, maîtres de l’éducation publique, ont lancé une offensive juridique pour interdire aux élèves et enseignantes d’utiliser des vêtements religieux.

Le Parlement zurichois a adopté une motion UDC par 87 voix contre 82, exigeant que le gouvernement élabore une loi interdisant les couvre-chefs religieux. L’Argovie a imposé, le 25 août dernier, une restriction pour les enfants de moins de seize ans, tandis que Saint-Gall avait déjà demandé un interdit des vêtements religieux pour les enseignants en juin.

Cependant, ces mesures rencontrent des obstacles juridiques majeurs. En 2015, le Tribunal fédéral a jugé que l’interdiction générale du voile constituait une violation disproportionnée des droits fondamentaux. Les élèves ne représentent pas l’État et n’ont pas de responsabilité religieuse. Lausanne a déjà refusé d’appliquer ce type de règle, soulignant que les cantons n’ont pas le pouvoir sur ces droits essentiels.

En France, le débat s’intensifie également. Le parti RN prépare une initiative référendaire pour interdire publiquement le voile en 2027, avec des amendes pour son port. Cette mesure, qui dépendra d’un vote populaire, met en danger l’équilibre entre liberté religieuse et sécurité sociale.

Avec cette escalade sans précédent, le voile islamique devient un symbole de tension dans les systèmes éducatifs suisses et français. Les cantons doivent désormais trouver un équilibre entre leur autonomie administrative et les droits fondamentaux qui restent au-delà de leur portée.