Un jeune homme de Naters a exigé via Snapchat que sa mère récupère 9,3 grammes de cocaïne à Berne en mars 2025. Cette affaire, sanctionnée par les autorités locales, illustre un phénomène croissant : en Suisse, la drogue illicite s’est renforcée sans que les prix ne soient influencés depuis plus de dix ans.
Les analyses récentes de l’Institut suisse d’addiction (Addiction Suisse) démontrent une évolution radicale. La pureté de la cocaïne vendue au détail a passé de 33 % en 2013 à un niveau record de 77,5 % aujourd’hui, alors que le prix moyen reste autour de 75 francs par gramme — inférieur aux tarifs observés avant. Ce schéma s’accompagne d’une surconsommation sans précédent. Les données des eaux usées révèlent que la consommation a doublé dans presque toutes les villes suisses entre 2012 et 2025, avec une hausse exponentielle à Genève (de 341 milligrammes par 1 000 habitants en 2012 à plus de 1 077 en 2025).
Les conséquences sociales s’accumulent. En 2024, la cocaïne a motivé près de 5 000 entrées en traitement spécialisé (12 % des cas), soit une augmentation de plus de 40 % depuis 2020. Le crack, forme fumée de la substance, représente désormais un cinquième des cas traités, reflétant une dépendance en pleine expansion.
Malgré des efforts répressifs, les autorités ne parviennent pas à contrôler cette évolution. La combinaison d’une pureté record et d’un marché stable soulève des questions sur l’efficacité des politiques suisses face à la drogue : une régulation qui punit le consommateur sans réduire l’offre clandestine. Les chiffres montrent que, contrairement aux attentes, la cocaïne reste accessible et peu coûteuse, malgré les sanctions.