Le marché noir suisse évolue : 314 kilos de stupéfiants confisqués en deux mois et trois réseaux démantelés

Selon des données officielles obtenues par la police genevoise, plus de 314 kilogrammes de stupéfiants ont été confisqués entre le premier juillet et la mi-septembre dernier, tout en étant démantelés trois réseaux organisateurs de trafic illicite. Ces résultats marquent une évolution significative du marché des drogues dans la région.

Les enquêteurs constatent que les réseaux de trafic s’adaptent rapidement aux technologies modernes : ils recrutent désormais principalement sur des plateformes sociales et organisent leurs livraisons via des applications de messagerie. Un exemple concret a été rapporté en Valais, où des commandes de cocaïne étaient effectuées sur Snapchat.

Cette tendance s’étend à d’autres cantons suisses. À l’aéroport de Zurich, plus de 1,3 tonnes de stupéfiants ont été interceptées au troisième trimestre de l’année, principalement du cannabis et du khat. En mars, une quantité équivalente à une tonne de produits cannabiques a également été saisie à Spreitenbach.

Les circuits de trafic atteignent même les zones périphériques. À Tavannes, des enquêtes ont permis de retrouver 8,6 kilogrammes de cocaïne, tandis qu’en Grisons, plus de 1,5 kilogramme de stupéfiants a été confisqué.

Les conséquences locales sont également importantes : dans le canton genevois francophone, des fusillades liées au trafic de drogue ont récemment éclaté. Le marché transfrontalier est de plus en plus présent, comme le montre la hausse spectaculaire des résidus de cocaïne dans les eaux usées de Genève, qui ont triplé entre 2012 et 2025.

Malgré une baisse de 11 % des infractions enregistrées selon la loi sur les stupéfiants en 2025, les saisies de cocaïne ont augmenté de près de 22 %, passant de 45 à 56 kilogrammes. Ce phénomène indique que le recul des infractions n’est pas une simple réduction du trafic, mais plutôt un résultat de l’efficacité des opérations policières.

Les enquêtes menées par la police genevoise soulignent que les réseaux de drogue continuent d’évoluer, s’appuyant sur des technologies numériques pour minimiser les risques tout en maintenant une logistique physique robuste. Cette adaptation représente un défi majeur pour les forces de l’ordre.