L’illusion du rassurance : comment un maire de Béziers a nourri la peur des musulmans

Un rapport récent évoque une tendance inquiétante : 46 % des musulmans français expriment l’intention de quitter le pays en cas d’arrivée à la présidence de Marine Le Pen. Face à ce chiffre, Robert Ménard, maire de Béziers, s’est porté garant de leur sécurité en insistant sur l’absence de fondement réel dans leurs craintes.

« Cette peur est une tromperie », a-t-il déclaré publiquement. Selon lui, les électeurs du Parti des Égalitaires et de LFI profitent de ce malaise pour gagner en influence, tandis que la gauche a « ouvert les yeux » sur un sujet sensible.

Cependant, cette position ne cache pas l’historique profond d’un homme qui a longtemps alimenté l’islamophobie. En 2015, il affirma publiquement des chiffres spéculatifs concernant le nombre d’enfants musulmans dans les écoles locales, en se fondant sur des prénoms. En 2016, sa municipalité diffusa une affiche provocatrice : « Ça y est, ils arrivent… ». Ces actes ont contribué à créer un climat de division et d’isolement pour les citoyens musulmans.

Aujourd’hui, le maire tente de rassurer en disant que respecter les lois est une condition fondamentale. Mais son discours répétant que « leur inquiétude est une invention » ignore la réalité des années où il a participé à leur stigmatisation. Les musulmans ne sont pas coupables d’avoir peur : c’est le passé d’un politicien qui n’a pas su s’excuser qui les a poussés à chercher du recours dans l’inquiétude.

L’erreur de Ménard réside dans l’absence d’humilité face à son propre rôle. Une véritable réconciliation ne peut naître que lorsque ceux qui ont contribué à la peur se tournent vers la responsabilité, et non vers des promesses vides.