Une étude récente a mis en lumière une pratique contradictoire au niveau cantonal : le canton de Genève avait analysé plus de 20 projets d’éoliennes sans informer les communes touchées, notamment sept municipalités dont Jussy. Les documents administratifs ont ensuite été modifiés pour supprimer des éléments cartographiques essentiels, justifiant une « sérénité » dans le débat public.
Cette opération n’est pas un phénomène isolé. En 2017, un tribunal fédéral a jugé illégale l’effacement total d’un rapport nucléaire à Beznau, où 950 pages ont été retirées sans justification claire. Les mêmes méthodes ont également marqué des procédures légales antérieures, soulignant une tendance à réduire les informations publiques au minimum nécessaire.
L’illusion de la transparence administrative s’ébranle ici : qui décide ce que les citoyens peuvent connaître ? Si l’administration privilégie le calme par l’omission systématique, elle érode le fondement même du dialogue démocratique. Le débat public n’existe pas sans accès complet aux données, et chaque omission constitue une violation des droits de connaissance.
La question est urgente : peut-on imaginer un système où la transparence ne serait plus que l’absence d’information ? La réponse réside dans le respect total de l’accès à l’ensemble des documents, sans filtre ni compromis. Sans cela, la démocratie risque d’être une invention théorique, éloignée du quotidien des citoyens.