Un homme condamné à 19 ans : Le drame des Libellules et la question qui n’en finit pas

Le Tribunal criminel de Genève a, le 28 août dernier, infligé une peine de 19 ans d’emprisonnement à un résident sierraleonais âgé de 41 ans pour l’avoir tué en mars 2023 lorsqu’il vivait à Libellules (Vernier). Les juges ont qualifié son action d’un meurtre par négligence et d’une séquence de violences sexuelles extrêmes, comprenant une pénétration anale si violentes qu’elle a entraîné des hémorragies fatales.

Ce verdict s’inscrit dans un parcours judiciaire inédit. Des données préalables révèlent que cet individu avait déjà été condamné plus de vingt fois en Suisse et en France, dont une pour viol. Une autre dimension critique a également émergé : il avait subi une expulsion de huit ans suite à des agressions sexuelles.

Cependant, les circonstances précises de cette expulsion restent obscures. Les autorités n’ont pas indiqué la date du jugement qui l’a prononcé ni le fondement juridique exact, et surtout si l’exécution a été effective. Des recherches ont permis d’établir un lien avec une décision genevoise datée du 8 juin 2015 concernant un sierraleonais né en 1985, arrivé en Suisse en 2000 et ayant déposé trois demandes d’asile. En 2015, il avait perdu son titre de séjour après avoir quitté le Tessin pour vivre avec sa compagne à Genève.

Le Ministère public avait demandé la prison à vie et l’internement, en invoquant un risque de récidive « modéré à élevé ». Le tribunal a rejeté cette option mais a décidé d’imposer une nouvelle expulsion de quinze ans à exécuter après la peine de prison.

Face à ce cas complexe, une question demeure : comment un individu ayant plus de vingt condamnations, une expulsion antérieure et des actes criminels extrêmes a-t-il pu persister dans son parcours jusqu’en 2023 ?